26 mai 2006

Tous pourris ?

Réflexion sur la politique de notre belle (?) Région ...

Figurez-vous que, plongé dans l'étude d'une analyse sociologique portant sur la diversité des cultures politiques au sein de l'Union européenne, j'ai pu lire que parmi les pays interrogés, la Belgique fait partie des Etats faisant le moins confiance en sa politique : en son régime politique, sa communauté politique et ses leaders politiques ... étonnant, non ? L'un des principaux arguments avancés par l'analyse est que la société belge est victime de sa pillarisation exacerbée par la particratie en place ne laissant au citoyen qu'un goût amer une fois les élections passées. Durant les élections aussi, d'ailleurs ! Enfin, Jean-Yves pourra compléter ou préciser cela, puisqu'il est lui aussi confronté à cette analyse.

Moi, je trouve ça bizarre parce que je crois sincèrement que nous pouvons avoir confience dans nos politiciens ... Non. Pardon, je sais, je ne sais pas mentir ! Nous parlions l'autre jour des quatre grands partis. Force est de constater que la confience du citoyen à l'égard de ceux-ci est en nette diminution et que l'attention de ceux-ci adressée aux premiers l'est tout autant. Alors, tous pourris les politiciens belges ? Je trouve ça un peu facile. Et j'en appelle à la nuance. Je me conterai ici de formuler un bref avis personnel n'engageant bien sur que moi (la redondance est-elle suffisemment bien perçue ?) sur chacun de ces 4 "grands" partis, au rayon régional nous concernant, soit la Wallonie ...


PARTI SOCIALISTE (PS) : Bon, l'envie, là, de crier "tous pourris" est forte, je l'admets. Il y a bien des tentatives de ramener de l'ordre là-dedans, c'est une des tâches de notre cher Gilles Doutrelepont, précédemment évoqué sur ce blog, et d'autres de rajeunir les sphères du parti, en témoigne la carte blanche forwardée par François dans l'un de ses commentaires. N'empêche les vieux pontes restent au pouvoir. De plus, force est de constater que dès qu'un scandale éclate au grand jour, c'est pour la caisse du PS wallon. Parce qu'au pouvoir depuis trop longtemps et n'importe qui d'autre aurait fait pareil ? Possible. Probable. Mais là, c'est le PS et c'est sur eux que ça retombe ...
-> Enfin, voilà un parti qui, de façon générale, se soucie plus de ses avoirs que de l'avis de ses électeurs ... l'abus de pouvoir est de toute façon couvert par le clientélisme ! Donc, pas tous pourris, mais c'est pas loin ...

MOUVEMENT REFORMATEUR (MR) : On passe du côté droit de la ligne d'identifiation politique. Quoique parfois, je me le demande ... Ce parti à l'origine de droite, et il en garde évidemment de nombreuses traces, privilégie plus le brassage de voix plutôt que le respect de valeurs. Ainsi, le MR se recentre-t-il de plus en plus dans le but d'attirer à lui des électeurs du centre et même de gauche. Bref, voilà un parti bourgeois qui se met à jouer au parti populot ! Dans un sens, ça marche pour eux (épisodes des transferts de Fourneau et Wilmots), mais d'un autre côté, cela a des effets néfastes. Ben oui, les types du MR qui sont farouchement de droite délaissent leur parti pour se tourner vers ce qu'il y a de plus à droite ...
-> Voilà donc un parti qui joue le parti du nombre de voix plutôt que celui du respect d'idées et de valeurs ... Pourris, je ne sais pas, mais démagogues et hypocrites, ça oui ...

PARTI ECOLOGISTE (ECOLO) : Hé hé ... Il s'agit ici du cas inverse de nos amis libéraux-réformateurs-gauchisants de droite. C'est-à-dire qu'ils prônent leurs idées, qui ne sont pas toutes mauvaises en soit, loin de là, aux dépends d'une stratégie politique qui leur assurerait un peu de crédibilité ... En d'autres termes, on privilégie les idées aux voix de façon trop excessives. Des idéalistes en quelques sortes ...
-> Voilà ainsi un parti qui respecte enfin une certaine éthique politique mais qui la respecte tellement qu'il en devient naïf et incrédible. Tous des incompétents, je ne sais pas, mais des idéalistes naïfs, sans doute ...

CENTRE DEMOCRATE HUMANISTE (CDh) : Que voilà un nom ronflant pour un parti à ce point soporifique. Bon, déjà, pour moi, tout ce qui est du centre est une certaine forme de lâcheté car cela signifie qu'on n'ose pas prendre parti (c'est le cas de le dire) pour telle ou telle orientation (Gauche ou Droite). Cela dit, ils n'ont pas que des mauvaises idées non plus. Le problème est qu'il se trouve là au milieu de tout ne recueillant que des électeurs perdus.
-> Voilà donc un parti perdu, où l'on trouve des gens tout aussi perdus, qui n'ont pas de mauvaises idées mais qui sont tellement perdus qu'ils ne parviennent plus à les faire passer ... Incapables, peut-être, perdus, surement !


Voici ma vision de la politique wallonne qui, selon l'analyse sociologique étudiée, devrait voir se créer un nouveau débat entre matérialistes et post-matérialistes. Dans ce cas, il serait normal je pense de voir s'élever les deux derniers partis cités, voire dans une certaine mesure un MR redéfini sur l'échelle politique. Ce nouveau clivage a donné des impressions de démarrage dans les années nonante, mais s'est bien vite estompé. A cause de quoi ? Parce qu'il n'y aurait aucune alternative sérieuse ou louable à la pourriture/hypocrisie/naïveté/incapacité de nos dirigeants ?

Et après on s'étonne qu'il y ait de plus en plus de votant blanc et de personnes apolitiques ... Quand je m'interroge là-dessus (et cette vision est sans doute caricaturée mais a pour but de faire réagir), je me dis qu'il est logique que le peuple ne s'intéresse plus à la politique belge. Déjà qu'on ne lui laisse quasiment plus la possibilité de le faire ...

PS : Un clic gauche sur le logo de chaque parti vous renverra sur le site officiel dudit parti.
(Ce texte n'engage que l'avis de son auteur)

1 commentaire:

Jean-Yves a dit…

Politique, politique, quand tu nous tiens... Un commentaire envoyé à minuit, en blocus, est-ce sérieux... Non, un petit retour sur le blog de temps en temps, ça ne fait pas de tort. Alors un petit commentaire rapide: très bonne chronique. Je suis surtout d'accord avec l'idée que les partis actuels appliquent la "soft ideology". Plus soucieux de revenir au pouvoir que de défendre de véritables idées (exception pour ecolo, mais le problème c'est que je ne suis pas d'accord avec leurs idées...), ils se positionnent plus ou moins tous au centre. Et le centre, qui en soit est un très bon concept, devient un peu le rassemblement du tout et du n'importe quoi. Le vrai débat politique doit retrouver une vraie confrontation d'idées. Les partis doivent défendre des idées de gouvernement, et non de gouvernance comme on l'entend souvent, qui en somme est une gestion des affaires courantes. Je prône le retour de vrais débats d'idées fortes, qu'elles soient de gauche ou de droite. La démocratie le mérite et en a besoin pour survivre. Sortons de ce marasme idéologique, avant que d'autres partis défendant des idées "fortes" mais très peu recommandables... Car si eux obtiennent le pouvoir, même les débats fades auront disparu...